Haendel : Le Messie

Le Messie

Le Messie (Messiah, HWV 56) est un oratorio composé en 1741 par Georg Friedrich Haendel. C’est une de ses œuvres les plus populaires avec les suites Water Music (Musique sur l’eau) et Music for the Royal Fireworks (Musique pour les feux d’artifice royaux). Messiah est désormais considéré comme le chef-d’œuvre du genre oratorio.

Le texte réfère principalement à la résurrection du Messie et à la rédemption qu’elle opère : l’œuvre fut écrite pour le temps de Pâques et jouée pour la première fois lors de cette fête. Cependant, il est devenu de tradition, depuis la mort du compositeur, de la jouer pendant le temps de l’Avent — les semaines qui précèdent la fête de Noël — plutôt que pendant le temps de Pâques. Ces concerts ne jouent souvent en fait que la première section du Messie, concernant l’Annonce de la venue du Christ et sa naissance, ainsi que le chœur de l’Alléluia. Certains ensembles le jouent en entier. L’œuvre est aussi jouée à Pâques, en particulier les parties concernant la résurrection qui sont souvent des pièces jouées pendant les offices. L’air de la soprano I know that my redeemer liveth (« je sais que mon Rédempteur vit ») est souvent entendu lors de funérailles chrétiennes. La tradition veut par ailleurs que les cinquième et sixième mesures de cet air aient servi de base à la composition de l’air du carillon de Big Ben (Westminster Quarters), à Londres, à la fin du XVIIIe siècle.

« Le Nouveau-né » par Georges de La Tour peint vers 1648

L’oratorio a été écrit en 1741 à Londres et repose sur un livret en anglais de Charles Jennens inspiré de la Bible. La musique pour le Messie a été achevée en 24 jours de composition rapide. Ayant reçu le texte de Jennens quelque temps après le 10 juillet 1741, Haendel a commencé à travailler dessus le 22 août. Le travail est achevé le 14 septembre. Mais il n’a été créé que le 13 avril 1742 lors d’un gala de charité au Temple Bar de Dublin.

Haendel met à la disposition de la prédication le ressort dramatique et musical de l’opéra. Bien que considéré comme un « oratorio sacré », le Messie est résolument sorti de l’église, davantage que bien des œuvres créées dans ce genre ; donné sur scène, il épouse toutes les ressources dramatiques et musicales de la scène, à l’exception du jeu des acteurs et des machineries. Il faut cependant noter que cette théâtralisation est obtenue par des moyens essentiellement musicaux et que le ressort proprement dramatique est absent du Messie.

En mars 1743 lors de la création britannique du Messie, une cabale de dévots rejette l’œuvre en s’appuyant sur l’idée que la fresque semble grandiloquente à certains, et trop éloignée du recueillement ou du demi-silence qu’exigerait la vraie prière. La guerre des libelles va durer plusieurs mois. On sait, certes, que le roi lui-même s’était levé lors de la première en entendant l’explosion de joie de l’Alléluia, dans la partition duquel on peut compter que le mot « alleluia » est répété 70 fois et où l’on chante, par exemple, For the Lord God omnipotent reigneth. Il donna ainsi naissance à la tradition britannique qui veut que la salle se lève à ce moment lors de chaque exécution en concert. Mais cet enthousiasme instinctif n’avait pas suffi à assurer le succès. Pour les Anglais, il y avait quelque chose de déroutant dans l’œuvre de Haendel : une relative abondance de chœurs (vingt, pour cinquante-deux numéros au total) qui avait convaincu les Irlandais mais laissait les Britanniques pantois, sans aucune autre référence comparable dans le genre d’oratorios sacrés qu’ils avaient entendus jusqu’alors et qui portaient la marque de la musique d’outre-manche beaucoup plus que de l’inspiration italienne. Le succès de l’œuvre ne fut effectif, à Londres, qu’après 1750. À son tour, Wolfgang Amadeus Mozart qui l’entendit à Mannheim en 1777 réorchestra la partition pour la mettre au goût de son époque, la rapprochant encore un peu plus de l’art profane.

 

L’œuvre est divisée en trois parties, compilées de l’Ancien et du Nouveau Testament :

1          Ancien et Nouveau Testament (c’est-à-dire, dans ce dernier, les Évangiles) : les prophéties de l’Incarnation du Christ, l’Annonciation et la Nativité.

2          Ancien Testament (les Lamentations du prophète Jérémie, les Psaumes) et Nouveau Testament : la Passion, la Résurrection et l’Ascension du Christ.

3          Nouveau Testament : cette dernière partie, plus courte, se présente comme une réflexion sur le rôle rédempteur du Christ, la vie l’emportant définitivement sur la mort (dans l’optique de Saint Paul, largement mis à contribution ici).

L’œuvre est écrite pour orchestre et chœur, avec cinq solistes (soprano, mezzo-soprano, contralto, ténor et basse), elle comprend une ouverture, une sinfonia pastorale et 51 récitatifs, airs et chœurs.

Haendel a dirigé de nombreuses fois le Messie, adaptant souvent l’œuvre aux circonstances, si bien qu’aucune version ne peut être considérée comme étant plus authentique que les autres.

Extrait de Wikipedia

Concert de Noël à la Philharmonie de Paris : https://www.dailymotion.com/video/x3kuqw7

Georg Friedrich Haendel

Haendel par Balthasar Denner (1727)

Georg Friedrich Haendel (en anglais : George Frederick ou Frideric Handel) est un compositeur allemand, devenu sujet anglais, né le 23 février 1685 à Halle-sur-Saale et mort le 14 avril 1759 à Westminster.
Haendel personnifie souvent de nos jours l’apogée de la musique baroque aux côtés de Jean-Sébastien Bach, Antonio Vivaldi, Georg Philipp Telemann et Jean-Philippe Rameau. On peut considérer que l’ère de la musique baroque européenne prend fin avec l’achèvement de l’œuvre de Haendel. Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s’établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et de l’Angleterre.
Virtuose hors pair à l’orgue et au clavecin, Haendel dut à quelques-unes de ses œuvres très connues — notamment son oratorio Le Messie, ses concertos pour orgue et concerti grossi, ses suites pour clavecin (avec sa célèbre sarabande de Haendel), ses musiques de plein air (Water Music et Music for the Royal Fireworks) — de conserver une notoriété active pendant tout le XIXème siècle, période d’oubli pour la plupart de ses contemporains. Cependant, pendant plus de trente-cinq ans, il se consacra pour l’essentiel à l’opéra en italien (plus de 40 partitions d’opera seria), avant d’inventer et promouvoir l’oratorio en anglais dont il est un des maîtres incontestés.

Extrait de Wikipedia